Quelles compétences clés au travail d’ici 2030 ?

Un décryptage clair des compétences indispensables d’ici 2030 (soft skills, IA, adaptabilité, créativité…) pour vous aider à anticiper les évolutions du travail.

Être au top des compétences recherchées en 2030 : quelles capacités essentielles cibler et comment faire ?

Tous les deux ans se tient en Suisse le Forum économique mondial (The World Economic Forum, WEF) autour de grands sujets d’actualité et de société. À cette occasion, une nouvelle édition du rapport “Future of Jobs” est publiée, dans laquelle sont répertoriées toutes les compétences recherchées par les entreprises dans les années à venir.

Zoom sur l’édition 2025.

Equipe développant leurs compétences clés au travail

Incertitudes géopolitiques, révolutions technologiques, transformation climatique dans le monde, évolutions démographiques… notre environnement se transforme à une telle vitesse qu’on ne parle plus de “filière d’avenir” pour “faire carrière” mais d’une impérieuse nécessité de s’adapter à un futur professionnel… aux contours mouvants.

La probabilité que l’on a de changer plusieurs fois de travail, d’entreprise et de fonction au cours de sa vie professionnelle étant maximale, la meilleure façon de s’y préparer est bien de raisonner “compétences”.

C’est l’un des enseignements que l’on peut tirer du rapport “Future of Jobs”, du Forum économique mondial de 2025, réalisé en interrogeant plus de 1 000 entreprises dans le monde issues de 22 secteurs d’activité différents.

Nous vous proposons ainsi de détailler les 10 compétences clés qui dessinent notre futur au travail à l’horizon 2030… et de voir comment acquérir ces talents.

Les 10 compétences clés à privilégier pour 2030

Selon le Forum économique mondial 2025, voici les 10 compétences clés à avoir d’ici 2030 :

  1. IA et Big data
  2. Réseaux et cybersécurité
  3. Culture technologique
  4. Pensée créative
  5. Résilience, flexibilité et agilité
  6. Curiosité et apprentissage
  7. Leadership et influence sociale
  8. Gestion des talents
  9. Pensée analytique
  10. Gestion environnementale

Les hard skills triomphent en haut du classement…

À la différence de la liste des compétences issues du WEF de 2023, le trio de tête est composé de hard skills, littéralement “compétences dures”.

Ce sont les compétences techniques requises pour un poste qui s’acquièrent lors de la formation initiale, ou continue, ou lors d’une expérience professionnelle. Facilement mesurables, elles sont concrètes, vérifiables, correspondent à un besoin précis et ont une dimension très opérationnelle.

Ainsi, les nouvelles compétences ont dans leur rang respectivement en première place “IA et Big data”, suivie en numéro 2 de “Réseaux et cybersécurité” et en 3ème position de “Culture technologique”.

Une petite révolution ? Peut-être. Nous le verrons un peu plus loin dans cet article.

… avec toutefois 6 soft skills dans le top 10

À la différence des « hard », les soft skills reposent, elles, sur l’intelligence relationnelle et émotionnelle. Comportementales, elles apportent une autre dimension liée à l’individu lui-même, mais aussi à ses interactions avec le groupe, ses expériences de la vie et les feedbacks qu’il a reçus.

Les soft skills plébiscitées à l’horizon 2030 dans le monde et issues du WEF 2025 sont ainsi :

  • En 4ème position “pensée créative” : faire preuve de talent par une capacité à l’innovation et à résoudre des problèmes en raisonnant “out of the box”
  • Puis “résilience, flexibilité et agilité” en 5ème place : s’adapter à la transformation issue de l’accélération des changements et à l’incertitude que cela engendre
  • Suivi de “curiosité et apprentissage” en 6ème position : rester ouvert à la nouveauté, faire ses expériences et apprendre pour mieux comprendre ce qui nous entoure
  • Puis de “leadership et influence sociale” en 7 : savoir manager des équipes avec talent et faire adhérer à un but commun
  • La “gestion des talents”, en 8, est la seule soft skill RH de la liste, utile pour développer les compétences au travail, sécuriser les organisations en accompagnant leur transformation et pour répondre aux aspirations individuelles.
  • En 9, la soft skill “pensée analytique” : être capable de prendre des décisions objectives basées sur des faits.

À noter que « Gestion environnementale », positionnée en 10ème sur la liste et associée aux hard skills, est à la fois éthique, technique et vitale pour les années de 2030 et d’après dans le monde.

L’horizon 2030 suppose donc un savant mélange de compétences à la fois techniques et humaines pour avoir le profil idéal, du point de vue des recruteurs.

Les autres enseignements du rapport Future of Jobs 2025

La progression la plus spectaculaire est celle de l’IA… aux dépends des aptitudes manuelles et des maths

Avec 87 points de croissance entre les 2 rapports 2023 et 2025, l’“IA et Big Data” a de loin l’évolution la plus phénoménale de la liste. À titre d’exemple, “Réseaux et cybersécurité” qui arrive en second n’a “que” 70 points de croissance.

Par ailleurs, le recul le plus important de l’ensemble des compétences est celui de “dextérité manuelle, endurance et précision” qui perd 24 points, effet anticipé du déferlement de la robotisation et de l’automatisation qui colonisent les tâches manuelles répétitives au travail dans le monde de l’entreprise.

On peut également citer le recul (-4 points) du groupe “lecture, écriture et mathématiques”, toutes les autres compétences ayant plus ou moins progressé, ce qui les fait de facto passer à l’arrière-plan.

Pourquoi cette mainmise des compétences techniques ?

Les bouleversements technologiques et les ruptures qu’ils provoquent du fait de l’intégration de l’Intelligence Artificielle et des Big data dans notre quotidien nous touchent déjà et ce n’est que le début de cette petite révolution. C’est de ce fait la hard skill numéro 1 à posséder en 2030.

Plus de 50% des entreprises vont en effet intégrer l’IA dans leurs activités. Pour accompagner cette transformation, si certains profils feront de l’IA leur cœur de métier grâce à leur expertise, pour la plupart d’entre nous, il s’agira d’être capable d’utiliser un nouvel outil, comme il n’y a pas si longtemps avec internet ou les smartphones.

La hard skill numéro 2 “Réseaux et cybersécurité” est la conséquence logique de la numérisation croissante et du profond besoin de renforcer la sécurisation de nos données dans le monde.

Et ces évolutions constantes depuis plus de 30 ans conduisent à la progression de la “Culture technologique” avec +68 points (place numéro 3).

Plus globalement, les métiers de 2030 subiront une profonde transformation pour près d’un quart d’entre eux

Le rapport WEF prévoit en effet que 22% des emplois qui existent aujourd’hui dans le monde seront touchés par les évolutions technologiques, sociétales et démographiques.

On l’a vu, la place des spécialistes de l’IA, de la robotique, et de l’énergie sera boosté au sein des organisations.

Mais les professions de l’éducation et du soin aux personnes ne seront pas en reste. Avec le vieillissement de la population et les aspirations à l’enseignement pour tous, leur rôle sera tout aussi nécessaire, dans tous les pays, avec les talents qu’ils supposent en matière d’empathie, d’écoute et de respect d’autrui.

D’autres métiers comme les chauffeurs-livreurs (conséquence notamment du commerce en ligne), les ouvriers du BTP (pour les logements et les infrastructures) et le personnel agricole (on a besoin de se nourrir et tout n’est pas automatisable à un coût acceptable) ont également de beaux jours devant eux.

Mais les compétences humaines restent le fondement de tous ces métiers

Que l’on exerce une fonction de manager ou nécessitant une expertise technique, quels que soient le secteur d’activité et le niveau, faire preuve d’analyse, de curiosité, d’agilité, de créativité, savoir travailler en équipe, vouloir apprendre… sont des talents qui font la différence.

Car si la technique s’acquiert par l’expérience, les savoir-être sont plus difficiles à développer.

En effet, pour faire évoluer son comportement ou son attitude, il faut travailler sur soi, accepter de se remettre en question, s’entraîner par des mises en situation, par l’aide d’un coach, par le feedback des autres, et c’est autrement plus long et plus exigeant.

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Alors comment se préparer à 2030 ?

Sur la partie “IA, cybersécurité et réseaux”, les ressources techniques ne manquent pas

Il y a bien sûr les parcours académiques et nul doute que les écoles intégreront l’IA comme elles ont dû le faire pour la micro-informatique en leur temps.

Les MOOC gratuits sur l’IA fleurissent sur toutes les plateformes gouvernementales comme privées. Elles permettent de comprendre d’abord de quoi on parle, de s’initier au vocabulaire, de visualiser les limites et les enjeux.

Le CPF est également un moyen de se former dans son travail.

Développer les soft skills “cœur”

Les compétences humaines étant essentielles pour s’adapter à l’incertitude et à la complexité de notre environnement, les compétences transversales citées – indépendantes des métiers et complémentaires aux savoirs techniques – méritent qu’on les cultive pour accompagner ces transformations dans le monde de l’entreprise.

Elles nécessiteront à la fois de la pratique au travail, des mises en situation, du feedback et une capacité à se remettre en cause et à accepter de se tromper. Voici quelques pistes pour les développer efficacement :

  • Pensée créative : peut se renforcer grâce à des techniques – brainstorming, approches créatives sous contrainte (de temps ou de ressources), design thinking… – mais aussi des ateliers collaboratifs ou l’expérience de projets transverses.
  • Résilience, flexibilité et agilité : des formations autour de la gestion du stress, des priorités, mais aussi des simulations de crise, du coaching et la pratique systématique du feedback et du droit à l’erreur au travail sont les bases pour les développer.
  • Curiosité et apprentissage : l’auto-apprentissage (les ressources MOOQ sont nombreuses), le micro-learning, la pratique de la veille (salons, publications, conférences, recherches individuelles…), le tutorat, la conduite de projets… chaque occasion professionnelle ou extraprofessionnelle peut permettre de se former.
  • Leadership et influence sociale : les formations au management et à la communication, le feedback constructif, les mises en situations individuelles ou en groupe, le recours au mentorat, des jeux de rôle en tant que manager, …
  • Gestion des talents : les techniques sont nombreuses et connues en matière de GPEC et de cartographie des compétences. Pour les managers et les RH, la pratique de l’écoute active, du feedback régulier, la reconnaissance des contributions et des plans de formations bien pensés font partie des clés pour attirer et retenir les talents dans le monde du travail.
  • Pensée analytique : des formations en analyse et résolution de problème, des analyses de décisions ou des situations professionnelles réelles, des techniques de raisonnement (causalité, cartes mentales…), des études de cas, des serious game… les formats ne manquent pas pour exercer son raisonnement.
  • Gestion environnementale : cette compétence de pilotage responsable fait appel à la connaissance des enjeux environnementaux dans le monde, à la compréhension de leurs impacts et à la mobilisation collective autour de ces enjeux. En ce sens, elle se développera par l’acquisition de connaissances scientifiques, mais aussi économiques (coûts, risques, durabilité), décisionnelles et motivationnelles : analyse et prise de décision, conduite du changement, communication pédagogique, engagement des équipes.

En conclusion et pour aller plus loin…

2030, c’est demain. Assiste-t-on à une nouvelle révolution du marché de l’emploi, des compétences essentielles et des métiers ? Oui et non.

Si on parle de révolution notamment du fait de l’IA et des pratiques qui évoluent, elle est déjà en marche et de nombreux métiers ressentent d’ores et déjà ces transformations.

Alors le mieux est de faire comme nous le devrions toujours : regarder sans rejeter en bloc, expérimenter, faire fonctionner son esprit critique, cultiver le vivre ensemble… nous saurons alors franchir ce cap.

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